Patrick Flack: Idée, expression, vécu: la question du sens entre phénoménologie et structuralisme

Idée, Expression, Vécu: La question du sens entre phénoménologie et structuralisme Couverture du livre Idée, Expression, Vécu: La question du sens entre phénoménologie et structuralisme
Échanges Littéraires
Patrick Flack
Hermann
2018
Paperback

Reviewed by: Anna Yampolskaya (National Research University Higher School of Economics, Moscow, Russia)

Le livre récent de Patrick Flack Idée, expression, vécu : la question du sens entre phénoménologie et structuralisme, paru chez Hermann en 2018, réunit onze études en histoire des idées, mais la portée de ce recueil va bien au-delà du questionnement purement historique. Le formalisme russe comme source d’inspiration pour le structuralisme plus tardif, l’art en tant que mode singulier d’interrogation sur la réalité, la recherche d’un sens nouveau du sensible – telles sont des grandes lignes de cet ouvrage ambitieux et provocant. La combinaison de la recherche historique avec les études théoriques permet à Patrick Flack de repenser l’héritage du formalisme russe et de l’établir comme un courant de la pensée véritablement philosophique et non seulement littéraire. La question du signe comme lieu de l’articulation et la cristallisation du sens, le rôle cruciale de l’expressivité dans l’institution du sens de l’œuvre littéraire guident le développement du questionnement philosophique de ce livre.

Dans l’introduction l’auteur entre en polémique avec l’historiographie « occidentale » qui rejette l’existence d’une source commune au structuralisme et à la phénoménologie en les décrivant comme des traditions concurrentes et absolument disjointes. Ce débat lui fournira la base factographique nécessaire pour consolider ses intuitions théoriques. Ainsi, Patrick Flack propose de changer radicalement la perspective historiographique en rejetant le point de vue largement répandu selon lequel le structuralisme est né de deux parents français, à savoir Saussure et Lévi-Strauss. L’autre modèle historiographique, le modèle « Est-Ouest », souligne le rôle de l’école de linguistique pragoise aussi bien que des traditions allemandes dans le développement du structuralisme, ou plutôt des structuralismes. Bien que moins réductionniste que le premier, elle ne répond pas à la question concernant les relations entre ces deux structuralismes, pragois et français. Le troisième modèle, en intégrant les acquis conceptuels des deux premiers, cherche à montrer toute la richesse des racines intellectuelles germaniques et slaves du structuralisme en dépassant les abstractions méthodologiques propres aux modèles mentionnés ci-dessus, où plutôt à révéler leur caractère artificiel et contingent. C’est dans cette perspective que l’examen analytique et historique du formalisme russe apparaît comme une affaire de l’urgence philosophique.

La but de la première partie de cet ouvrage, Idée et forme : le projet épistémologique du formalisme russe, est de dévoiler toute la complexité de la situation historique aussi bien que théorique en rendant compte du rôle de figures apparemment secondaires du mouvement formaliste russe. Patrick Flack construit un cadre théorique général afin de décrire les relations compliquées qui se sont développées entre le formalisme russe, ses sources néokantiennes et son héritage structuraliste. Dans son premier chapitre, Le formalisme russe entre ferment néokantien et linguistique structurale, l’auteur montre que l’idée de la science littéraire en tant que science rigoureuse qui constitue le cœur de l’approche formaliste est génétiquement liée à l’influence néokantienne sur la pensée russe. Sa thèse dépasse l’affirmation courante selon laquelle la présence constante des idées néokantiennes a « façonné le contexte intellectuel » générale de l’époque. C’est l’épistémologie des écoles de Marbourg et de Bade, leur méthodisme étroit qui a servi comme un catalyseur pour la méthode du formalisme russe naissant et, subséquemment, pour la méthode de la linguistique structurale. La nouvelle science spécifique de la « littérarité », de la « poéticité » ne deviendrait une vraie science qu’à la condition que sa méthode soit adaptée à son objet ; dans cette thèse de Rickert, Flack reconnaît le fondement de l’épistémologie formaliste. C’est grâce à cette intuition initiale que les théoriciens russes ont réussi dans leur projet ambitieux. Le passage analogue du néokantisme à la théorie du langage se trouve dans l’itinéraire philosophique de Hendrik Pos, une autre figure presque oubliée par les historiens des idées ; la dette de l’école pragoise à ce penseur original est discutée en détail dans le septième chapitre de ce livre.

Le manque de références directes aux sources néokantiennes dans les ouvrages formalistes s’explique, selon Patrick Flack, par le climat politique des années 1920 ; par contre, des adversaires marxistes du formalisme, dont un certain Trotski, ont souligné la parenté du formalisme avec les courants « idéalistes ». Bien que l’existence même des persécutions marxistes ne puisse être récusée, l’hypothèse de Flack devrait, à mon avis, être précisée. Les noms mêmes de Natorp ou Rickert ne pouvaient certes pas apparaître dans les ouvrages publiés après 1924 dans un contexte positif, mais les références directes et indirectes à Husserl sont bien présentes dans les protocoles du Cercle Linguistique de Moscou du début des années 1920 ; toute une polémique a existé entre les « husserliens » comme Gustav Chpet et Grigorii Vinokur et leur adversaire, Boris Iarkho. Ce dernier était un partisan célèbre de la refondation méthodologique de la science de la littérature ; en prenant une posture critique envers Husserl tout comme envers Rickert et sa distinction entre les sciences de la culture et les sciences de la nature, il défendait l’idéal de la science rigoureuse mais l’interprétait à la manière positiviste et non néokantienne.

Cette petite excursion dans la querelle méthodologique qui eut lieu au sein de l’école formelle nous permet de relever la problématique ainsi que les vrais enjeux de cette thèse : une question apparemment purement historique concernant le rôle du néokantisme dans la genèse du structuralisme et du formalisme russe est tacitement inscrite dans la perspective épistémologique concernant la relation étroite qui existe entre la méthode d’une science et son objet. Est-ce l’objet qui détermine sa méthode, comme chez Heidegger ou les néokantiens, ou est-ce plutôt la méthode spécifique qui donne accès à l’objet, voire le fait paraître en tant qu’objet tout à fait nouveau ? Afin de consolider son approche, dans le chapitre suivant Patrick Flack nous propose une lecture méticuleuse de l’article célèbre d’André Biély, poète-symboliste et théoricien du vers, au sujet de l’héritage du linguiste ukrainien Alexandr Potebnia. Ce texte incontournable d’André Biély a été commenté plusieurs fois par divers spécialistes des études slaves ; l’interprétation qui nous est offerte ici sert à établir Biély en tant que figure-clé dans le passage du néokantisme au (proto)structuralisme. Dès lors, la percée de Biély est surtout méthodologique et épistémologique car il a réussi à purifier les intuitions géniales de Potebnia de son psychologisme démodé; cela permit à Biély de poser le fondement transcendantal d’une nouvelle science qui combinait linguistique et esthétique. Cette thèse de Flack fait écho à celle d’un autre adversaire des formalistes, Victor Jirmounski, selon laquelle le nœud du système de Potebnia est sa méthode même, qui consiste en un rapprochement théorique entre la poétique et la science générale du langage. Ici on ne saurait passer sous silence la polémique implicite entre Flack et Tzvetan Todorov. En radicalisant la position du formaliste Boris Eichenbaum, Todorov affirme que chez les formalistes russes il n’y avait pas de théorie, il n’y avait pas de méthode, mais seulement « une manière de construire l’objet d’études », et que c’est cette absence de méthode et une naïveté presque positiviste qui conduisit l’école formaliste à la crise interne et à sa dissolution postérieure. Ainsi la généalogie épistémologique ébauchée par Flack permet de réévaluer certaines présuppositions répandues sur la signification et le destin mêmes du mouvement formaliste.

Néanmoins, les formalistes ont été assez attentifs à certains aspects théoriques apportés par les approches psychologisantes, positivistes ou socio-historiques. Le troisième chapitre, intitulé Deux théories du vers et une typologie du rythme musical, discute l’influence des théoriciens de la phonologie, Sievers et Beckung, sur la théorie du vers de Roman Jakobson. Le désaccord théorique n’empêche pas Jakobson d’apprécier la technique superbe et la pénétration des chercheurs allemands et de reprendre leurs intuitions sur une base méthodologique différente. Flack souligne l’importance des études empiriques en général pour le développement de la méthode (proto)structuraliste de l’analyse du vers aussi bien que la nécessité de contextualiser la méthode formaliste dans un cadre international et multidisciplinaire. Les relations compliquées du formalisme avec le marxisme sont illustrées par l’exemple des travaux de Rosalia Shor. La transition subtile de cette chercheuse peu connue du formalisme au marxisme éclaire la tendance générale qui a existé dans les années 1920 quand les figures majeures de la science naissante du vers, dont Ossip Brik, Lev Iakubinski ou Lev Polivanov, se sont ouvertes à la problématique socio-culturelle incarnée dans la pensée marxiste. Si le formalisme classique a fait rompre le lien entre la signification et l’expression, l’insistance des « jeunes » formalistes sur le caractère intersubjectif et historique de la signification les amène au réexamen de la théorie de l’expression.

Dans la deuxième partie du livre, L’expression entre idée et vécu : phénoménologie et structuralisme à Prague, l’auteur discute la notion d’expression chez les phénoménologues et les proto-structuralistes. Dans le chapitre Le moment phénoménologique de la linguistique structurale, il introduit la lectrice dans le contexte général des discussions sur le rôle de la phénoménologie dans la pensée de Jakobson. En rejetant les deux positions extrêmes, celles de Elmar Holenstein et d’Aage Hansel-Löve, Flack cherche à développer une approche plus équilibrée : en accentuant l’influence du premier Husserl sur Jakobson, il renonce à considérer la théorie de ce dernier comme « structuralisme phénoménologique ». Le problème clé est celui de la réduction : étant donné que Jakobson n’a jamais travaillé sous la réduction eidétique et transcendantale prise à la lettre, il faut conclure qu’on ne peut pas le ranger parmi les adeptes de la doctrine husserlienne. Mais les ressources de la méthode phénoménologique ne se limitent pas à l’héritage de son fondateur. L’auteur ébauche une perspective méthodologique dans laquelle il sera possible de poser la question sur l’affinité interne entre la phénoménologie plus tardive (surtout Chpet et Merleau-Ponty) et la linguistique structurale (Jakobson, Pos). Les chapitres suivants contiennent des recherches détaillées sur l’interprétation de la notion d’expression chez Jakobson, Husserl et Merleau-Ponty (chapitre Ausdruck – Vyraženie – Expression) et chez Hendrik Pos (chapitre Hendrik Pos : une philosophie entre idée et vécu).

Le rapprochement productif entre Jakobson et la tradition phénoménologique dépasse le cadre étroit de la question : des « échos » de la réduction dans l’approche jakobsonien sont-ils suffisants pour l’inscrire dans l’histoire du mouvement phénoménologique ? Flack reformule la théorie jakobsonienne du langage poétique en termes phénoménologiques afin de montrer la « complémentarité » des positions structuraliste et phénoménologique. Si pour Husserl l’expression n’est qu’un « véhicule du sens logique déjà formé » , chez Jakobson comme chez Chklovski le processus de la perception de l’expression contribue à la formation même du sens. La visée de l’expression, caractérisant, selon Jakobson, la perception esthétique de l’œuvre d’art présuppose la valeur autonome de la perception du signe expressif. C’est la structure perceptive du signe qui rend possible sa participation au processus de l’institution du sens ; dès lors, le langage cesse d’être un pur moyen de communication de la pensée déjà faite, mais « un phénomène poétique de plein droit ». Mais il y a un prix à payer pour cette réélaboration de la relation entre langage et perception : le rôle du sujet transcendantal comme producteur et donateur du sens est remplacé par la structure poétique du langage en tant que structure essentiellement anonyme. L’auteur montre qu’un « compromis » entre cette deux positions se trouve dans la philosophie de Merleau-Ponty : sa conception d’un sujet incarné, impliqué dans l’acte de l’expression au niveau corporel et moteur, lui permet d’intégrer les découvertes principales de Husserl et de Jakobson.

Dans le chapitre suivant Patrick Flack nous offre une biographie intellectuelle du penseur hollandais Hendrik Pos. La signification de sa pensée très originale pour le développement de la phénoménologie, du néokantisme aussi bien que de la linguistique structurale, est souvent méconnue, bien que son rôle d’intermédiaire entre des camps philosophiques différents mérite une attention particulière. On ne peut que féliciter l’auteur qui a comblé cette lacune importante dans le domaine de l’histoire des idées.

La troisième partie de ce recueil, Vers le sens du vécu : perspectives esthétiques et littéraires, unit trois recherches sur les enchevêtrements entre la phénoménologie et l’expérience artistique. La première, De l’objet esthétique à la forme sensible : phénoménologie de l’avant-garde russe, contient une tentative méritoire de déduire une nouvelle théorie phénoménologique de la lecture de la poésie transmentale russe (zaum). Patrick Flack souligne que la phénoménologie esthétique « objectiviste » de Waldemar Conrad, Moritz Geiger et Emil Utitz, contemporains des Cubo-futuristes, des poètes de zaum et des expressionnistes allemands, n’était pas capable de relever le défi de l’art nouveau. Il fallait une « radicalisation » des conceptions phénoménologiques du sensible pour que la phénoménologie de l’art non-figuratif devienne possible. Mais la théorie de la défamiliarisation est aussi insuffisante pour cela, parce que chez Chklovski l’acte de perception garde encore la relation à « des unités de sens toujours déjà constituées » ; dans cette perspective l’art ne cherche qu’à « re-sensibiliser » aux choses, mais il reste tributaire à l’ordre du monde stable et déjà construit. Selon Patrick Flack, dans ce contexte on peut même parler de «conservatisme ontologique » de Chklovski. Une autre vision de l’expérience sensible se trouve dans la poésie transmentale. Flack nous propose une herméneutique phénoménologisante de deux poèmes de Velimir Khlebnikov et de Vasili Kamenski, qui fait écho à la lecture classique de ces auteurs par Jakobson et Vinokur. Les poèmes transmentaux « n’ont pas d’objet » ; selon la formule célèbre de Jakobson, « ce que Husserl appelle dinglicher Bezug est absent ». Pourtant ces poèmes ne sont pas dénués de sens ; la forme poétique est vécue en tant que phénomène autonome. La forme sensible concrète s’articule pour elle-même et non comme un signe référant à quelque chose d’autre. L’ébauche de la réflexion théorique sur ce sujet se trouve dans Fragments esthétiques de Gustav Chpet aussi bien que dans les écrits de Maxim Königsberg (comme l’avait déjà montré Maxim Šapir). Le chapitre suivant, Dans l’ombre du structuralisme : Chklovski, Merleau-Ponty et … Chpet ?, fournit plus de détail sur la phénoménologie chpetienne et sa relation avec les idées de Chklovski et de Merleau-Ponty.

Bien que plus court que les autres, cet essai est très riche en idées nouvelles et productives. L’auteur trace ici le destin du concept chklovskien de défamiliarisation entre formalisme russe, phénoménologie et structuralisme en proposant une interprétation « ontologisante » ou plutôt « onto-esthétisante » de ce concept. La défamiliarisation apparaît à la lectrice non comme un procédé esthétique, mais comme le mode privilégiée de la donation des objets perceptifs. Dans cette perspective la défamiliarisation devient une vraie méthode philosophique, analogue à celle de la phénoménologie génétique : le sens des objet déjà fait, compris en tant que pure présence à soi, est remplacé par le sens en formation, qui est ouvert à des transformations et des déformations. Chklovski lui-même ne semble pas avoir pris conscience de la portée ontologique de sa théorie ; son développement chez Jakobson représente la « réduction linguistique » de ce concept. Il est repris par Jakobson sous la forme de la fonction poétique du langage : dans la poésie le mot est perçu avant tout comme mot dans la concrétude de sa forme acoustique et sémantique et non comme simple substitut de la réalité externe. Dès lors, la travail même de la défamiliarisation se fait à l’intérieur du langage qui devient le « médium spécifique, possédant une phénoménalité propre qui conditionne son fonctionnement et son articulation ». Mais du point de vue du sens perceptif, la théorie de la fonction poétique n’est qu’un pas en arrière : chez Jakobson l’approche génétique au signe contraste avec la stance statique en ce qui concerne le sens de l’objet réel. Le sens de l’objet perceptif ne dépend pas de sa « structuration par le signe », insiste Patrick Flack. Selon lui, c’est chez Merleau-Ponty que la présence incomplète devient l’objet de l’analyse phénoménologique : le sens perceptif ne devient accessible qu’à la phénoménologie expressive. Pourtant, la pensée de Gustav Chpet constitue une autre voie d’accès à la plénitude du sens : c’est grâce à la « forme interne » que le sens perceptif peut être conçu comme une corrélation entre extériorité sensible et intériorité perceptive. La question du sens perceptif a besoin d’une « double approche », phénoménologique aussi bien que structuraliste, et ainsi le rôle de Chpet dans l’élaboration d’une conception de la perception « esthétique » qui ouvre essentiellement le monde, est très important.

Le dernier chapitre de l’ouvrage, Structures temporelles dans la poétique des formalistes russe : répétition, accord, rythme, série du vers, est consacré au travaux de Brik, Kouchner et Tynianov. Le but principal de cet essai est de montrer comment la dimension temporelle de la poésie a été interprétée dans la pensée (proto)structuraliste du formalisme russe. Bien que dans la plupart de textes formalistes l’analyse du temps semble être complètement absent, il y a un certain nombre d’études dans lesquelles il joue un rôle privilégié ; comme l’indique Patrick Flack, cela peut apporter un éclairage nouveau sur la différence entre formalisme russe et structuralisme français. L’auteur souligne le caractère processuel de la défamiliarisation qui réactive la sensation d’une chose comme « sensation en train de se faire et non pas déjà faite » ; cela signifie que la structure temporelle de la subjectivité est présupposée par le projet chklovskien. Mais c’est chez Ossip Brik dans ses Répétitions sonores (1917) que la problématique temporelle dans les études du vers a été introduite. La temporalité intrinsèque au rythme poétique a été étudiée par Boris Kouchner dans Les accords sonnants (1917) et encore par Brik dans Rythme et syntaxe, où Brik a de facto montré que le temps est un élément constructif et productif de la structure poétique. La démarche décisive se trouve dans Le problème de la langue du vers de Tynianov (1924), qui contient l’esquisse d’une conception dans laquelle la fonction constitutive du temps apparaît comme indispensable pour « l’ébranlement de la signification » composant le trait foncier de la structure du vers. L’auteur conclut que selon Tynianov le sens du vers dépend essentiellement de sa temporalité.

Le livre de Patrick Flack s’arrête ici, mais l’appétit intellectuel de la lectrice n’est pas satisfait, il n’est que stimulé par ce recueil si riche par les sujets historiques et philosophiques divers. Le formalisme russe y est décrit comme un mouvement de la pensée dont la signification ne peut être saisie que dans le contexte général de l’histoire de la philosophie européenne du XXe siècle. Ou plutôt, l’histoire intellectuelle de l’Europe ne peut pas être envisagé sans sa partie slave, si souvent oubliée ou négligée. En décrivant l’enracinement du formalisme russe dans la pensée allemande, surtout dans le néokantisme et la phénoménologie naissante, aussi bien que sa parenté avec la pensée française, Patrick Flack nous rappelle toute la complexité de l’aventure spirituelle européenne.

Patrick Flack: Idée, Expression, Vécu: La question du sens entre phénoménologie et structuralisme, Hermann, 2018

Idée, Expression, Vécu: La question du sens entre phénoménologie et structuralisme Couverture du livre Idée, Expression, Vécu: La question du sens entre phénoménologie et structuralisme
Échanges Littéraires
Patrick Flack
Hermann
2018
Broché

Laura Hengehold, Nancy Bauer (Eds.): A Companion to Simone de Beauvoir, Wiley, 2017

A Companion to Simone de Beauvoir Couverture du livre A Companion to Simone de Beauvoir
Laura Hengehold, Nancy Bauer (Eds.)
John Wiley & Sons
2017
Hardback $195.00
552

Simone Aurora: Filosofia e scienze nel primo Husserl: Per una interpretazione strutturalista delle Ricerche logiche

Filosofia e science nel primo Husserl: Per una interpretazione strutturalista delle Ricerche ogiche Couverture du livre Filosofia e science nel primo Husserl: Per una interpretazione strutturalista delle Ricerche ogiche
La filosofia e il suo passato 62
Simone Aurora
CLEUP
2017
376

Reviewed by: Nicola Spinelli (Faculty of Mathematics, Hertswood Academy / Research Associate, King's College London)

This is a good book – and, on the Italian market, a much-needed one. Simone Aurora’s declared aim is to show that Husserl’s Logical Investigations belong to the history and conceptual horizon of structuralism, and in a prominent position at that. The whole book builds up to a defense of the view in the last chapter. Aurora’s case is set up well from the beginning and thoroughly argued at the end. That is why the book is good. The reason why the book is much needed on the Italian market is that it is also an introduction to Husserl’s early philosophy – from On the Concept of Number (1886) to the Investigations (1900-1901) – as it should be written: starting from 19th-century developments in psychology and, importantly, mathematics. To my knowledge, there are no published works in Italian that do so, or do so extensively. Aurora satisfactorily fills the gap.

Chapter 1 is about Husserl’s beginnings – a story Aurora does a good job of telling. A mathematics, physics, and astronomy student in Leipzig in 1876, Husserl would end up, in 1883, writing a doctoral thesis on the calculus of variations with Leo Königsberger in Vienna. He was then briefly Weierstrass’s assistant in Berlin. In 1884 Husserl came across Brentano’s work and lectures; as a result, he steered towards philosophy. By 1887, Husserl’s first philosophical work – his Habilitationsschrift under the supervision of Carl Stumpf in Halle – was complete. Crucial to On the Concept of Number are both the mathematical and the philosophical strands of Husserl’s academic life. The eponymous problem is inherited from Weierstrass, Kronecker, and in general, the whole debate on the foundations of mathematics, which at the time was soaring in Europe. The method with which Husserl tackled it – and this is where the originality of the work lies – was Brentano’s descriptive psychology. Both these backgrounds, their developments and Husserl’s own take on them are well expounded by Aurora.

Chapter 2 is about 1891’s Philosophy of Arithmetic (PA). Overall, Aurora’s presentation is clear and, I believe, effective. The relations with the earlier work are explained and the architecture of the book is clearly laid out. Overall, the main notions (‘collective connection’, ‘something in general’, and so forth) and arguments are satisfactorily presented. Let me mention a couple of worries.

One problem is that Aurora highlights relatively few connections between points discussed in PA on the one hand, and the larger debates and their recent developments on the other. For example, at that stage Husserl, like e.g. Cantor, held a version of the abstraction theory of numbers. That, for example, is where the notion of ‘something in general’ (Etwas überhaupt) comes in. The theory had already been severely criticised by Frege in The Foundations of Arithmetic (1884), a criticism, importantly, that fed into Husserl’s work (as well as into Cantor’s). See ortiz Hill 1997. This might have deserved a few lines. Also, although for most of the twentieth century the abstraction theory was forsaken if not forgotten, in the late 1990s Kit Fine attempted a rescue, sparking some debate (Fine 1998). Again, a quick pointer might have been helpful.

Here is a second worry. Some scholars (A. Altobrando and G. Rang are Aurora’s references) believe they can discern the first traces of the development of Husserl’s notions of eidetic intuition and phenomenological epoché in PA. Aurora is among them, and in particular he reckons abstraction is the place to look: for, according to Husserl, in abstraction one disregards all qualitative (and to some extent relational) aspects of the relevant objects, and is only interested in the latter as empty ‘something in general’. The view is put forward at p. 71. Now, there is no denying that both eidetic intuition and the phenomenological epoché involve some sort of heavy disregarding or bracketing. But surely the philosophical literature is crammed with similar methods and theories – not least the British empiricists’ accounts of abstraction, which is as far as it gets from Husserl’s Ideation or Wesensanschauung. Prima facie similarities, then, are in fact rather thin. Terminology as well as theoretical contexts and functions, Aurora admits, are also very different. We may wonder, at this point, what is left for the interpretation to be based on. I suspect very little if anything.

Chapter 3 is about the transition, in the 1890s, from PA to the Investigations. Two conceptual pairs begin to emerge in this period that will end up being paramount in the later work. The first pair, abstract/concrete, is the subject (or one of the subjects) of the third Investigation; the second, intuition/representation, is one of the main characters of the sixth. Aurora describes well their first appearance in an 1894 essay entitled Psychologischen Studien zur elementaren Logik. Developments in Husserl’s view of intentional objects are also discussed in some detail. The main references in this case are manuscript K I 56 and Husserl’s review of Twardowski’s Zur Lehre vom Inhalt und Gegenstand der Vorstellung, both from 1894.

Chapter 4 is about the Prolegomena to Pure Logic, the first part of the Logical Investigations. Aurora does a good job of expounding both Husserl’s arguments against psychologism and his concept of a pure logic and theory of science – the two main themes of the work. As it can and should be expected of an introductory exposition, a few details are at some points glossed over. Yet the main idea, i.e., that there is a basic dimension to science which is called ‘pure logic’ and which is ideal (or, as people tend to say these days, ‘abstract’), objective, and to all appearances, independent of human thought or language, comes across very clearly. There is, however, one distinction that, it seems to me, Aurora fails to recognise (or to report). It is not a major issue for what, after all, is an introductory chapter – but nonetheless a point worth raising. It is the distinction between deduction and grounding.

Between the Prolegomena and the Investigations Husserl defines (or uses) two to four related concepts: on the one hand, deduction or inference (Schluß, or sometimes an unqualified Begründung, in Husserl’s German) and explanatory grounding (the relation between an erklärender Grund and what it is the ground of), both operative in the Prolegomena; on the other hand, foundation (Fundierung), introduced in the third Investigation and operative in the subsequent ones. Now, foundation may (Nenon 1997) or may not have two models, one ontological and one epistemological; and one of these two models, the ontological, may or may not be identical to the explanatory grounding of the Prolegomena – a view for which, I believe, there is something to be said. Your count here will depend on your views on foundation. But whatever these are, there is no doubt at least that deduction and explanatory grounding are distinct in the Prolegomena. That is what does not come across in the book.

Indeed, as far as I can see, in Aurora’s presentation the two concepts from the Prolegomena collapse into one. While explaining what, for Husserl, constitutes the ‘unity of science’, Aurora introduces the concept of Begründung and says that it ‘substantially refers to the notion of inference or logical deduction’ (p. 134). Yet this is something that Husserl explicitly denies. To see this, look at Prolegomena, §63. Here, a distinction is made between explanatory and non-explanatory Begründung, and the former, not the latter, is deemed essential to (the unity of) science. Indeed for Husserl, as for Bolzano (from whom he inherits the notion), what secures the unity of science is an explanatory relation (erklärende Zusammenhang) between true propositions. And while ‘all grounds are premises’ – so that if proposition A grounds proposition B then there is an inference from A to B – ‘not all premises are grounds’. It is not the case, that is, that if there is an inference from A to B then A grounds B. In other words, ‘every explanatory relation is deductive (deduktive), but not every deductive relation is explanatory’.

While Husserl is very explicit in drawing the distinction, he is not so helpful in justifying it. He devotes a few remarks to the task, right after the passage I quoted; but they do not make an argument. Here is how one may be extracted. (Bolzano’s arguments are also available from the Wissenschaftslehre, around §200.)

Let us stipulate deducibility as the modern notion of (classical) logical consequence. If grounding were just logical consequence, the latter would be an explanatory relation (because the former is). But it isn’t: there are cases of valid and sound arguments in which the premises fail to explain the conclusion. For example, p p, or p & q ╞ p. Indeed, it is hard to see how a proposition, even though it can be inferred from itself, can also ground (explain) itself: it is raining, therefore it is raining – but is it raining because it is raining? Things are even worse with the second case: does the truth of a conjunction ground the truth of one of its conjuncts? It is probably the other way round. To derive a conclusion from a set of premises is not, in and of itself, to explain the former in terms of the latter. But then grounding and deducibility must be distinct.

(I should mention that in an extended footnote at p. 133 Aurora does discuss Husserl’s notion of Begründung vis-à-vis Bolzano’s. So he is definitely aware of the theoretical background, the significance and the facets of the concept. So much so, that the footnote seems to contradict, rather than explain, the main text.)

Chapter 5 is possibly the most felicitous of the whole book, partly because, due to the topic, Aurora’s background in linguistics shines through. We are now past the Prolegomena and into the Investigations proper. Having established in the former that logical and mathematical objects do not, by all appearances, belong to the spatio-temporal world, Husserl is left with the question as to how we can know anything about them – in fact, relate to them at all. Short of an answer, Husserl thinks, the existence of logic and therefore of science in general, as human enterprises, must remain a mystery. And for Husserl the starting point is language, because it is primarily in language – in the meanings of words and sentences – that logical objects make their spatio-temporal appearance. The main result of the first two Investigations are the following: meanings are ideal (non-spatio-temporal) and akin to universals; and universals are genuine objects, irreducible to their instances, to thought, or to language. (It is a substantive question whether this amounts to full-blown Platonism; Aurora believes it doesn’t, and some remarks of Husserl’s certainly point that way.)

The first two sections of the chapter, on the first Investigation, are nearly flawless. The remaining sections, on the second Investigation, are also effective but, I believe, raise at least one worry. Aurora thinks that, for Husserl, meanings are ‘ideal classes of objects’ (203). Now, he may well not be using ‘class’ in its fully technical sense. But the fact remains that classes, among other things, are (like sets, their close relatives) extensional mathematical constructs. However, in the 1890s, when most of the Investigations were thought out, Husserl was an adamant intensionalist. See for example his review of Schröder’s Vorlesungen as well as The Deductive Calculus and the Logic of Contents, both from 1891. For evidence that Husserl did not change his mind afterwards, see the 1903 review of Palágy’s Der Streit der Psychologisten und Formalisten in der modernen Logik. Aurora’s reading, therefore, if taken literally, is probably incorrect. If we take it charitably, it is misleading.

Despite this, Aurora is completely right in pointing out (204) the indispensability of ideal objects, particularly species (universals), for Husserl’s phenomenological project in the Investigations: if the former go, the latter goes with them.

Chapter 6 is about the third and fourth Investigations. The latter deals with matters of ‘pure grammar’, as Husserl calls it, and here Aurora’s linguistic background is once again both tangible and helpful. Yet it is the first sections, on the third Investigation, that are particularly important. In fact, they are the crux of the whole book. The reason is that the third Investigation is about parts, wholes and the relations between them – and (without going into detail, I will return to it later) the very concept of structure, central to the book for obvious reasons, is defined, in the last chapter, in mereological terms.

To say something of significance on Aurora’s interpretation of the third Investigation I would have to write more than my allowance permits. I will therefore only mention what is at least a presentational flaw. Despite insisting throughout the book and in the chapter on the relevance of the formal sciences in the development of Husserl’s philosophy, Aurora never engages with the several formalizations of the Husserlian theory of parts and wholes. He does mention the first of such contributions, Simons 1982 (334). But we also have Simons 1987, Fine 1995, Casari 2000, and Correia 2004 – which, moreover, all extend Husserl’s theory in many different ways. This, to me, is the only genuinely disappointing feature of, or absence from, the book. All the more so, because the capacity to be mathematized or formalized is one of the definitional traits of structures as set out in the final discussion (310).

Chapter 7 outlines the properly phenomenological parts of the Investigations, namely, the fifth and sixth Investigations. This is where Husserl puts to work all the notions he previously set up and sketches a phenomenological theory of consciousness (especially of intentional consciousness) and knowledge. Aurora’s exposition is careful and effective, with more than one passage I found particularly felicitous.

Chapter 8 is where Aurora lays out and defends his view. These are the main claims:

  1. Husserl’s philosophy in the Logical Investigations is a structuralist philosophy;
  1. Some of the aspects of Husserl’s philosophy that make it structuralist are ideally suited to characterise structuralism as such;
  1. Husserl’s subsequent, transcendental work deals with one of the central problems of structuralism: the origin of structures.

Section 1 is about structuralism in general. The first thing to sort out is, obviously, what a structure is. Borrowing from a number of authors, Aurora characterises structure in terms of two things: part-whole relations, and mathematizability. A structure is ‘a particular type of multiplicity’ whose elements obey laws ‘that confer properties to the whole as such which are distinct from those of the elements’ (309, half-quoting J. Piaget). Moreover, a structure ‘must always be formalizable’ (310). On the basis of this, Aurora characterises structuralism as follows:

Structuralism aims at studying the latent structures within classes of objects…by creating models, i.e. formal descriptions that make the immanent relations between objects of the relevant class predictable and intelligible (311).

It is worth noting that the given definition of structure does not necessitate that of structuralism. It is even more worth noting that this is a good thing. The reason is that, while Aurora wants to argue that the philosophy of the Investigations is structuralist, it is dubious that Husserl’s project in 1900-1901 involved the idea that the phenomenology of the fifth and sixth Investigations should be formalized. True, Husserl did have in mind a formalization of his theory of wholes and parts, and that theory is operative in the phenomenology. But that doesn’t entail that Husserl’s early phenomenology was ever meant to be entirely formalizable – much less that its aim was to ‘make predictions’ about consciousness and knowledge possible. The upshot is that Aurora’s definitions allow for a Husserl who deals in structures but not, strictly speaking, for a structuralist Husserl. This is too underwhelming a conclusion for what is otherwise, as I said at the outset, a well-constructed case. A looser definition of structuralism might perhaps have been suitable.

Another (minor) unclarity is Aurora’s appeal to mereology throughout the book. In and of itself, this appeal is perfectly fine. Yet not all mereologies admit of the sort of relations between parts that structuralists require. For example, and in stark contrast with the structuralist’s mantra, in classical mereology there is a sense in which the whole is just the sum (fusion) of its parts! Yet Aurora never engages with the distinction between classical and non-classical mereologies in any significant way. Moreover, it is unclear why formalizations of structures should be mereological rather than, say, algebraic (like most of Aurora’s examples of formal structures) or order-theoretic.

Be that as it may, Aurora is entirely correct when he points out that, if part-whole discourse is crucial to structuralism, then Husserl’s theory is ideally suited to form the core of any structuralist system: it is (or can be made) robust, it is philosophically profound, and, importantly, being a non-classical mereology, it is strong enough to describe the right sort of relations the structuralist needs.

At the very end, Aurora points out that one of the distinctive features of Husserl’s structuralism is its engagement with the problem of the origin of structures. In particular, Husserl is interested in understanding the relations between the subjects who come to be aware of structures and the structures themselves. This is indeed what the Investigations are all about. It is also one of the threads of Husserl’s whole philosophical career. As Aurora puts it (effectively, I believe), ‘this attempt at conciliating genesis and structure, first carried out in the Logical Investigations, is peculiar to Husserlian structuralism, and it is the question that Husserl will try to answer – through an ever more complex philosophical elaboration – in all his subsequent works.’

References

Casari, E. 2000. “On Husserl’s Theory of Wholes and Parts.” History and Philosophy of Logic 21 (1): 1-43.

Correia, F. 2004. “Husserl on Foundation.” Dialectica 58 (3): 349-367.

Fine, K. 1995. “Part-whole”. In Smith, B. and Woodruff Smith, D. (eds.). The Cambridge Companion to Husserl (Cambridge: CUP), pp. 463-486.

Fine, K. 1998. “Cantorian Abstraction: A Reconstruction and Defense.” Journal of Philosophy 95 (12): 599-634.

Nenon, T. 1997. “Two Models of Foundation in the Logical Investigations.” In Hopkins, B. (ed). Husserl in the Contemporary Context: Prospects and Projects for Transcendental Phenomenology (Dodrecht: Kluwer), pp. 159-177.

Ortiz Hill, C. 1997. “Did Georg Cantor Influence Edmund Husserl?” Synthese 113 (1): 145-170.

Simons, P. 1982. “Three Essays in Formal Ontology.” In B. Smith (ed.). Parts and Moments. Studies in Logic and Formal Ontology (Philosophia Verlag: München-Wien), pp. 111-260.

Simons, P. 1987. Parts. A Study in Ontology (Oxford: OUP).

 

 

Gregory J. Laughery: Paul Ricoeur & Living Hermeneutics: Exploring Ricoeur’s Contribution to Biblical Interpretation

Paul Ricoeur & Living Hermeneutics: Exploring Ricoeur's Contribution to Biblical Interpretation Couverture du livre Paul Ricoeur & Living Hermeneutics: Exploring Ricoeur's Contribution to Biblical Interpretation
Gregory J. Laughery
Destinee Media
2016
Paperback $24.00
247

Reviewed by: A.G. Holdier (Colorado Technical University)

Over the last decade, the legacy of Paul Ricoeur’s hermeneutical strategy has entered the interdisciplinary arena in full force, interacting with theology, the natural sciences, and literary studies in various ways; Gregory J. Laughery’s Paul Ricoeur and Living Hermeneutics: Exploring Ricoeur’s Contribution to Biblical Interpretation now turns a critical eye to Ricoeur’s relevance within the field of biblical studies to produce a helpful volume that promises to introduce Ricoeur’s hermeneutical phenomenology to students in yet another tradition.

Such a project is unsurprising: Ricoeur himself frequently wrote on matters situated at the nexus of hermeneutics and religion, often using the Bible itself variably as both example and tool to demonstrate his philosophy. Laughery aims to follow in Ricoeur’s footsteps by recursively subjecting the Frenchman’s own work to the same treatment he once paid to the Bible in order to mine Ricoeur’s corpus ultimately for insight back into biblical hermeneutics in the contemporary world.

To this end, Laughery’s work provides a succinct summation of Ricoeur’s hermeneutics before applying said philosophy to a field (and, by extension, a culture) he describes as hamstrung by conflicting interpretive models. With the rise of poststructuralism and postmodernism, a reader is caught between one approach that “under-reads” and praises the de-materializing over-spiritualization of a text and another that “over-reads” and rigidly waters down the complexity of a text via a plethora of reductionistic concerns. Readers are paradoxically expected to maintain a perspective which is both “inside” and “outside” of a text simultaneously, a conclusion that cannot avoid discharging the text of any value, for “whether readers are left “outside” or “inside” the text, it has no meaning in and of itself. It is either unable to resist a ruling readerly imposition, or it spirals off into an endless spin of non-meaning” (5). Laughery argues that Ricoeur’s approach offers a reconciliatory path forward that can restore genuine meaning to a reading (of the Bible or of anything else) by avoiding the twin dangers of reading too much or too little in the text.

Laughery structures the book along Ricoeur’s tripartite mimetic process by prefiguring his argument with a brief biographical sketch of Ricoeur’s life alongside several of his key philosophical positions. Particularly for readers unfamiliar with Ricoeur, this section alone offers a valuable introduction to Ricoeurian studies, explaining many of the concepts and texts which made Ricoeur’s name within academia. Additionally, Laughery here sets up the oft-maligned modernist-postmodernist conflict as the primary adversary of his book before arguing that Ricoeur’s “living hermeneutics” eschews both the polarities of modernist certainty and of postmodernist uncertainty to maintain a hopeful optimism about a text; it is a hermeneutic with clear boundaries, but ones that “do not necessarily connote a loss of meaning” (17). This “both/and” approach to a text, Laughery suggests, offers the most flexible perspective possible for discovering real sense in a reading.

The second section – Configuration – comprises the majority of the book and sees Laughery lay out Ricoeur’s hermeneutical philosophy that prioritizes a text as an objective element of a culture. Offering a middle path between a dry, modernist reading that focuses exclusively on the words of a page and a whimsical, postmodern approach untethered from objective referents, Laughery emphasizes Ricoeur’s concern for “re-regionalizing” a text – that is, to treat a text as a real window into another, specific (regional) way of life. Properly understanding the Bible, then, means to allow it to present itself and the world it speaks from to the reader as a functional window into another culture; as Laughery puts it:

A Ricoeurian biblical hermeneutics is an attempt to allow the text to unfold its proposal of a world, letting speak what has been “said” within biblical discourse. The “said” has been inscribed in a diversity of forms (structures) directly related to their contents (sense and referent), which in the biblical text, among other things, is called a new world, new covenant, and the kingdom of God (88-89).

This approach thereby marries the objective presentation of modernism with the heartfelt emotion of postmodernism to create a meaningful statement which appeals simultaneously to both fact and emotion.

Laughery suggests that over-specialization in the discipline has led to such an approach rarely being taken in biblical studies, where instead a researcher’s preconceived categorical concerns preclude the text’s opportunity to speak for itself; to demonstrate this, Laughery contrasts Ricoeur’s methodology abstractly against the dominant perspectives of structuralism and the historical-critical method, as well as concretely across powerhouse figures within the field (such as Bultmann and Crossan). In the former case, Laughery plays a fair game, presenting a reserved description of both Ricoeur’s dialectical appropriation of each methodology’s strengths, as well as his ardent criticism of their weaknesses. As already described, Ricoeur considered both structuralism and a harsh literalism to make fundamental interpretive missteps, albeit it in opposite directions; rather than simply reject them wholesale, he sought to discover an “inherent complementarity” (132) within them to create an approach that neither wholly submerges a reader inside a text (as in historico-criticism) nor resists all submersion whatsoever (á la structuralism). The result is a “living” hermeneutical approach which treats texts as calcified forms of discourse inextricable from “an actual event, related to a subject and a referent addressed to someone” (110). Decoding this rooted message is the hermeneutical project.

In the case of the latter, he juxtaposes Bultmann’s demythologizing project with Ricoeur’s definition of myth that does not seek to strip a text of its mythological elements, but rather views mythology as the “attempt to express another world in the language of this one” (78). Similarly, Laughery includes an extended application of Ricoeurian hermeneutics to one of Ricoeur’s favorite biblical genres – parable – and brings Crossan’s pessimistic treatment of the ultimate indeterminancy of parables into the light of Ricoeur’s optimistic reaffirmation of the beneficial textual boundaries (both literary and cultural) which function to disclose the text’s world in an objective fashion.[1] In short, Laughery argues that Ricoeur’s hermeneutic allows a reader to explore a parable’s polyvalence, seeking insight from the structural underpinnings of the text, while maintaining hope that the reading overall is still heading somewhere specific (as rooted in the historico-cultural world of the text). In this way, Ricoeurian hermeneutics manages to employ various interpretive models while avoiding allowing any one methodology to morph into an ideology – a danger Ricoeur called an “interpretive ‘dead end’” (139).

Of course, no treatment of Ricoeur’s hermeneutical philosophy would be complete without a consideration of his work on narrative; Laughery brings this key theme of Ricoeur’s thought into conversation with the work of David Carr to consider the differences between the experience of living and the later telling of that experience in the form of a story. To Ricoeur, narratives entail the plotted description of a series of events structured intentionally to make various points or teach (often implicitly) various lessons or themes. A historical narrative is not identical to a life, but can only tell of that life retrospectively with the insight of where the story leads. Said another way, narrative allows one to view the story of a life – including, importantly, one’s own life – from a distance with an interpretive structure that must be decoded and learned from.

This becomes particularly useful for biblical hermeneutics, given the Bible’s blend of fictional and nonfictional narratives. Ricoeur had a particular interest in historical narratives and observed that if the referents of the biblical narratives are wholly inaccessible, then there is no way to distinguish fiction from nonfiction. The postmodern tendency to over-spiritualize and over-“literary-ize” (188) the text of Scripture makes the hermeneutical project impossible. However, the modernist assumption that knowledge of historical events is equal to accessing the events themselves is likewise mistaken. Instead, Ricoeur’s focused emphasis on discovering the rooted world of a text “contributes to biblical hermeneutics by embodying a fine balance between the récit of fiction and the récit of history” (190), given that it is able to accommodate the unique concerns of both genres.

The book ends with a short third section wherein Laughery rounds out Ricoeur’s mimetic process by Refiguring the lessons of the book as a whole to conclude the work with some summative thoughts. He muses on Ricoeur’s notion of appropriation to suggest that the project of reading a text inherently leads to a change in oneself – as he says, “the motion from the world of the text to the world of the reader must be carried out a step further by being lived out into the animate world” (218) – which is certainly a point that devout readers of the Bible frequently describe as well. In fact, it was in this small section – the shortest of the three – where Laughery offers the most pointed insights for biblical studies, as well as devotional Christian theology. On the final page preceding the book’s conclusion, Laughery finally makes plain the point which has been implied frequently throughout much of the work: if the true goal of interpretation is to uncover the world of a text, then the world we inhabit is something which can, and should, be interpreted to learn about both God and ourselves, in precisely the manner that the faithful readers of the Bible often speak. In short, when he characterizes Ricoeur’s project as one of “living hermeneutics,” Laughery means this literally.

On the whole, Ricoeur scholars will likely find little material in Paul Ricoeur and Living Hermeneutics that is unfamiliar: the majority of the book consists of an explication of Ricoeur’s basic hermeneutical philosophy in a manner that highlights Ricoeur’s theological examples while offering several pointed case studies from the realm of biblical studies. However, Laughery’s summary is comprehensive, accessible, and fair to Ricoeur in precisely the manner that an overview of a philosopher’s system should be. Notably, Laughery is not hesitant to critique what he sees as the weaker parts of Ricoeur’s methodology, such as his lack of emphasis on exegesis (something, again, especially relevant for biblical studies). Unfortunately, some readers may be disappointed in the significant emphasis on Ricoeur’s philosophy at the expense of a deeper consideration of academic biblical studies: though it is well-done, there is far more Ricoeur than Bible in this book.

Overall, Gregory J. Laughery’s Paul Ricoeur and Living Hermeneutics: Exploring Ricoeur’s Contribution to Biblical Interpretation is a very fine undergraduate introduction to the person and work of Paul Ricoeur, if that introduction would benefit from emphasis on biblical studies and, by the end, Christian theology. Of course, if the reader should think that an introduction to Ricoeur would not benefit from such things, then one will largely be disappointed in the work of Ricoeur himself, given how frequently he wrote on precisely those topics.


[1] As Laughery points out: “We argue that parabolic polyvalence is not entirely open to a gratuitous free-play. Texts, even parabled ones, have interpretations that can be considered more or less probable, in spite of those interpretations not being absolute” (121).

Simone Aurora: Filosofia e scienze nel primo Husserl. Per una interpretazione strutturalista delle Ricerche logiche, Cleup, 2017

Filosofia e scienze nel primo Husserl. Per una interpretazione strutturalista delle Ricerche logiche Couverture du livre Filosofia e scienze nel primo Husserl. Per una interpretazione strutturalista delle Ricerche logiche
La filosofia e il suo passato 62
Simone Aurora
Cleup
2017
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