Roman Ingarden: Ce que nous ne savons pas des valeurs

Ce que nous ne savons pas des valeurs Book Cover Ce que nous ne savons pas des valeurs
Roman Ingarden. Translated by Patricia Limido
Éditions Mimésis
2021
Paperback 14,00€
152

Reviewed by: Noëlle Miller (University of Vienna)

Dans sa préface intitulée « L’énigme des valeurs » la traductrice Patricia Limido contextualise cet essai dans l’œuvre de Roman Ingarden et résume son raisonnement avant d’en proposer la première traduction française. Bien qu’il développe sa théorie des valeurs à partir et souvent à l’aide d’exemples tirés du domaine esthétique (une de ses premières œuvres majeures est L’œuvre d’art littéraire) elle s’attache à juste titre à montrer que le réel enjeu de recherche d’Ingarden est toujours d’ordre ontologique. En effet Roman Ingarden se propose de démontrer que les conditions de possibilité des valeurs – esthétiques, morales, intellectuelles – existent objectivement. Car des valeurs dépendent la responsabilité morale de l’homme et ses exigences. Avant de qualifier les valeurs plus avant, trois problèmes se posent à une théorie des valeurs qui expliquent le titre Ce que nous ne savons pas des valeurs. D’abord il faut identifier les différents domaines de valeur pour en dégager des rapports de hiérarchie ou de conditionnement, ensuite leur structure ontologique, sont-elles rattachées à des objets porteurs telles des propriétés, auquel cas les valeurs seraient objectivement fondées et sinon troisièmement sont-elles objectives ou subjectives, c’est-à-dire relatives. Limido regrette qu’Ingarden réduise finalement les valeurs à deux domaines : les valeurs vitales et culturelles. Dans cet essai il se limite même aux valeurs esthétiques et morales et cherche à déterminer leur forme, leur matière et leur mode d’être. En particulier les valeurs possèdent « une valence » (Wertigkeit) qui excède la forme et la matière, et qui fait que la valeur a une pertinence et n’est pas une illusion ou une apparence. À côté des limites de l’analyse ontologique, la valeur est exposée au jugement et à la reconnaissance subjective. C’est pourquoi il commence d’abord par essayer de les identifier, à qualifier plus avant leur mode d’être spécifique. Les valeurs ne sont pas des objets, « mais des « quelque chose » individuels, plutôt apparentés à l’ordre des qualités individuelles »[1]. Pourtant elles ne sont pas des propriétés ni des caractéristiques, car elles sont inséparables d’un tout (unselbständig) qui rend possible leur survenance. Elles ne peuvent pas non plus être des propriétés dérivées, car c’est précisément sa nature ou son essence même qui en fait une valeur. Elles ne dépendent pas non plus des récepteurs, puisqu’elles valent en soi et pour soi. La valeur des yeux par exemple sera variable pour un musicien ou pour un automobiliste qui n’en font respectivement pas le même usage, pourtant la valeur des yeux est véritable. Ainsi y a-t-il des valeurs non perçues, mais qui conserve quand même leur réalité. Finalement il les qualifie de superstructure (Überbau), ni propriétés complètement indépendantes des objets, ni réductible à l’objet sensible lui-même. Elles apparaissent « sur la base d’un fondement dont elle dérive et qu’en même temps elle dépasse »[2]. Patricia Limido rapproche ce concept ingardien des philosophes Donald Davidson pour la notion équivoque de survenance. Comme Ingarden le philosophe analytique Eddy Zemach a la volonté de fonder objectivement les valeurs et conclue que « les propriétés esthétiques surviennent ou émergent des propriétés non-esthétiques »[3]. Elles sont donc réelles parce qu’elles dépendent de traits qui caractérisent objectivement des objets mais non réductibles à ceux-là. Le passage de la perception phénoménale au jugement esthétique ou moral s’opère par le désir ou tout autre relation intentionnelle telles les croyances et les émotions. Si les conditions d’observation sont les mêmes pour tous, alors cette relation intentionnelle est également objective pour Zemach. Ces conditions peuvent être l’apprentissage scientifique ou des connaissances spécifiques pour pouvoir juger d’une œuvre. Or Ingarden doute de cette relation invariante et attribue aux valeurs un mode d’être inédit.

Finalement c’est un rapport dialectique que Patricia Limido expose et souligne chez Ingarden : les valeurs sont des phénomènes observables, matériels et sont en même conditionné ontologiquement, des conditions de possibilité que nous constituons aussi, « la part d’activité et de passivité du récepteur »[4].

Ce que nous ne savons pas des valeurs

Dans son premier chapitre « multiplicité et contrariété des valeurs », Ingarden se pose le problème de la diversité des valeurs et choisit de les catégoriser en valeurs vitales et valeurs culturelles. Il soulève aussi dès le départ la difficulté de délimitation : une valeur morale comme le courage ou l’héroïsme peut être considérée une valeur esthétique et vice-versa. Il nous manque un principium divisionis qui nous permettrait de diviser les valeurs fondamentalement esthétiques de celles fondamentalement morales. C’est la détermination qualitative qui distingue généralement les valeurs. Intuitivement nous pouvons ordonner les valeurs apparentées, mais quant à ce qui constitue cette parenté, il est difficile d’en donner une définition conceptuelle. De plus, à l’intérieur même d’une qualité telle la « beauté », il existe différents types fondamentaux, telle la grâce ou la perfection et différentes significations. « Bon » n’a pas une signification morale dans tous les contextes. Les valeurs positives se délimitent aussi de leur corollaire négatif, qui a aussi une qualité spécifique. Ces contradictions font qu’il faut déterminer les conditions d’apparition des valeurs : un homme libre et psychiquement sain sont des conditions nécessaires mais pas suffisantes. Mais même si on arrivait à déterminer « la totalité des conditions nécessaires et éventuellement suffisantes pour la réalisation de telles valeurs »[5] rien ne peut remplacer l’intuition selon Ingarden. « Rien ne peut nous libérer du devoir scientifique qui nous incombe d’exercer la vision intuitive [der intuitive Erschauung] de la spécificité des valeurs, tout comme de l’effort spirituel qui lui est lié »[6]. Repérer la qualité d’une valeur est un moment indispensable, mais ne nous éclaire pas encore sur ce qui la détermine constitutivement. On peut encore chercher à déterminer les valeurs par rapport aux comportements qu’elle suscite, mais là aussi elle ne remplace pas l’appréhension conceptuelle d’une valeur. Car réduire une valeur à son vécu ou à l’attitude adoptée revient à dire qu’en réalité il n’existe que des ressentis subjectifs. C’est la conception des positivistes tel Leon Petrazycki qui n’autorisent aucune métaphysique des valeurs et rejette leur objectivité. Par rapport à une œuvre d’art par exemple il y aura autant d’états de plaisir que de récepteurs est pourtant la valeur unique de ce tableau existe bel et bien, indépendamment des admirateurs ou de ceux qui seront insensibles à sa beauté.

Malgré les difficultés donc Roman Ingarden refuse de capituler à définir les valeurs comme le fait Max Scheler par exemple[7] et tient au contraire à en démontrer leur scientificité. Il retient donc pour ce premier chapitre que ce qui distingue les valeurs sont leur matière, moment qualitatif qui se laissent abstraire, dont il existe deux cas de figures : A est inséparable unilatéralement de B, alors A ne se rencontrera qu’en présence de B. Ou alors A est dépendant de B équivoquement et apparaîtra avec un apparenté de B, Bn. Toute valeur individuelle présentant une qualité Bn appartiendra à l’espèce de valeur A. Les moments abstraits d’une valeur peuvent donc servir de principe de répartition à la formation de ses types individuels. Mais un principe qui distingue les types fondamentaux de valeurs reste encore ouvert.  La matière peut donc servir à différencier des types subordonnés de valeurs.

Quant à ce qui distingue les valeurs fondamentales, il semblerait que ce soit leur forme, dont traite le deuxième chapitre « La forme de la valeur ». Au premier abord il semble que la valeur soit la propriété d’un objet, elle est toujours valeur de l’objet auquel elle appartient. Cependant beaucoup d’objet, processus et choses physiques, ne sont pas doués de valeur, mais seulement de propriétés physiques, forme spatiale, densité etc… Il faut donc différencier les valeurs des « propriétés chosales de l’objet »[8], leurs caractéristiques physiques. Il existe alors deux éventualités : soit la valeur est une propriété secondaire, soit elle provient de la relation entre l’objet et la personne qui entre en contact avec lui. C’est parce qu’une chose a une certaine forme qu’elle est belle : la valeur « belle » tient à sa propriété physique de la forme. Dans ce cas la valeur serait une propriété dérivée, secondaire de la première, qui est sa caractéristique physique. Une autre manière de déterminer la valeur d’un objet serait de l’organiser selon l’utilité, les sentiments ou les désirs qu’il suscite pour la personne. Encore faudrait-il pouvoir retenir les propriétés qui entrent en ligne de compte pour constituer la valeur : Ce n’est pas parce qu’une lampe a une lumière utile à l’homme que cette utilité constitue la valeur de la lampe. L’utilité serait à son tour dérivée d’une autre valeur, accomplir un travail à l’aide de la lumière par exemple. Une autre conception constitue à dire que l’objet n’a de valeur que lorsqu’il est reconnu comme tel par l’homme ou la communauté humaine. Or toutes les valeurs ne sont pas relatives à quelque chose, telle que la « maturité » ou la « grâce ». Que la valeur viendrait de la relation reste donc très obscure.

Ainsi toutes les tentatives de donner une forme a la valeur soulèvent des doutes et ne permettent pas de la définir positivement. La valence d’un objet est son essence et semble être un mode d’être complètement nouveau, incomparable à une caractéristique. Ingarden met donc en doute l’identité selon laquelle les valeurs seraient des propriétés des objets, car c’est la valence qui fait qu’on privilégie la réalisation d’une valeur plutôt qu’une autre. Sa forme, appelée objectité [Gegenstandlichkeit], est structurellement différente de l’objet[9]. La valence excède la forme est la matière et constitue le mode d’être spécifique de la valeur. C’est elle qui exprime l’essence de la valeur et qui lui donne sa dignité. Elle n’est pas rajoutée de l’extérieur, sinon elle ne serait pas véritablement, authentiquement une valeur, mais émerge de l’objet auquel elle revient, elle est l’expression de son essence. Il appelle qualité-de-valeur ce qui détermine la hauteur, la négativité ou positivité et le mode d’être de la valeur.

Il va ensuite chercher à déterminer « le mode d’être de la valeur ». Les valeurs d’utilité et esthétique dépendent respectivement de l’outil et de l’œuvre d’art qui les portent. Le mode d’être des valeurs morales est complètement différent : elles n’existent pas réellement à la manière d’un événement ou d’un processus dans le temps, mais elles sont inséparables de leur porteur ou dérivées de leurs propriétés. Elles ne sont donc ni objet idéal, immuable, puisqu’elles peuvent se réaliser dans l’action d’un homme, ni objet réel, ni intentionnel. Les valeurs valent, c’est-à-dire qu’elles ont la forme du « devoir-être », qui peut ou non se réaliser. Quant aux critères des valeurs, lesquelles doivent ou non être, ceux-ci nécessitent un nouveau terrain de recherche. Ceci dépend en partie de la hauteur des valeurs.

Ce qu’Ingarden entend par « la hauteur » des valeurs signifie sa supériorité hiérarchique. Beardsley affirme qu’elle n’a de sens qu’à l’intérieur d’un type fondamental de valeur, à savoir qu’on ne peut comparer une valeur esthétique à une valeur morale, mais seulement des valeurs esthétiques entre elles par exemple. Qu’est-ce qui nous permet d’affirmer qu’une valeur morale est toujours plus haute qu’une valeur esthétique, même très haute ? Là aussi nous ne savons pas en quoi consiste exactement cette valeur, s’agit-il de son mode d’être, de sa qualité-de-valeur ou de son devoir-être. Les théories absolutistes affirment que la valeur d’un objet doit être strictement distinguée de son prix. « La hauteur de la valeur, au contraire, est déterminée de manière univoque et invariable par sa matière et seulement par elle, et elle reste indépendante des variations de prix »[10]. La hauteur relative résulte de la comparaison des objets doués de valeur entre eux, mais présuppose la valeur absolue. Les théories relativistes affirment que la valeur d’un objet dépend des circonstances, de la loi de l’offre et de la demande comme des innovations sur le marché qui font qu’une valeur devient « plus mauvaise ». Il n’existe donc pas encore de « critère » bien défini de la hauteur de la valeur.

Dans le prochain chapitre il s’attaque au problème de « l’autonomie des valeurs ». Lorsqu’Ingarden parle d’autonomie, il entend par là la séparabilité des valeurs entre elles, puisqu’on a vu que les valeurs étaient inséparables des objets auxquels elles appartenaient.  Si une valeur n’apparait sur un objet qu’en présence d’une autre valeur du même ou d’un autre type alors elle est « non-autonome ». Cette distinction entraîne aussi des conséquences sur la théorie de l’art, car pour nombre de théoricien et Platon lui-même l’Idée la plus haute est celle de l’identité du Bien, du Beau et du Vrai. C’est-à-dire qu’il ne suffit pas à une œuvre d’art d’être « belle », encore faut-il qu’elle serve des valeurs morales et la vérité soit en montrant des hommes moraux, soit au contraire en dépeignant des valeurs négatives comme le fait le courant réaliste. Ce formalisme repose justement sur le fait qu’il ne reconnaît pas, contrairement à la théorie de « l’art pour l’art », de valeurs esthétiques intrinsèques à l’art. Cette querelle est dû à l’insuffisance de distinction sur le caractère spécifique des valeurs. Une autre source de confusion entre les types de valeurs, leur dépendance ou indépendance sur un objet, est dû à notre expérience et sensibilité faussée. Ceci est dû aux modifications que les valeurs subissent mutuellement de manière bilatérale ou unilatérale. Dans une œuvre architecturale par exemple la symétrie peut apparaître sur fond d’asymétrie ou dans une œuvre littéraire le lyrique après le tragique. Ces valences peuvent s’harmoniser comme elles peuvent annuler leur effet et partant ne pas être perçues.  C’est pour cela que l’étude de l’autonomie et de l’indépendance des valeurs est d’une grande importance pour l’analyse des objets esthétiques.

Le dernier chapitre « La fondation des valeurs » interroge le problème de l’objectivité des valeurs à proprement parler. Quelle est la relation entre la valeur et son objet et comment celle-ci est-elle fondée dans celui-là ? Il expose alors les deux positions opposées qu’il qualifie chacune de dogmatique. Soit on admet une coordination nécessaire des propriétés qui permettent l’apparition d’une valeur dans un objet, soit on la réfute et décide par-là que les valeurs se montrent de manière tout à fait contingente. Pourtant les valeurs se montrent sur le « visage » des œuvres d’art et on est porté à croire qu’il existe des fondements théoriques à une science de l’art, comme à une science de la morale.

En conclusion, Ingarden, on l’aura vu, définit les valeurs presque entièrement de manière négative, par ce qui nous manque et ce qui nous reste à savoir quant à leur nature, ce faisant déployant en même temps un vocabulaire susceptible d’en rendre compte et toujours mû par la conviction intrinsèque à son intuition, que les valeurs, ou leur possibilité, existent. C’est ce rappel justement qui, pour la traductrice, fait la « valence », pour reprendre ses termes, de cet essai aujourd’hui. Nous saluons la traduction française de cet essai, paru d’abord en polonais puis en allemand, pour avoir trouvé des équivalents adéquats à la terminologie très technique d’Ingarden et du courant phénoménologique en général.


[1] Roman Ingarden. 2021. Ce que nous ne savons pas des valeurs, préface et traduction française par Patricia Limido, p. 26. Sesto S. Giovanni: Editions Mimesis.

[2] Ibid, 32.

[3] Ibid, 35.

[4] Ibid, 43.

[5] Ibid, 58.

[6] Ibid, 60.

[7] Ibid, 66.

[8] Ibid, 74.

[9] Ibid, 81.

[10] Ibid, 116.

Maurice Merleau-Ponty: The Possibility of Philosophy, Northwestern University Press, 2022

The Possibility of Philosophy: Course Notes from the Collège de France, 1959–1961 Book Cover The Possibility of Philosophy: Course Notes from the Collège de France, 1959–1961
Studies in Phenomenology and Existential Philosophy
Maurice Merleau-Ponty. Translated by Keith Whitmoyer. Foreword by Claude Lefort. Edited by Stéphanie Ménasé
Northwestern University Press
2022
Paperback $34.95
360

Jack Marsh: Saying Peace: Levinas, Eurocentrism, Solidarity, SUNY Press, 2021

Saying Peace: Levinas, Eurocentrism, Solidarity Book Cover Saying Peace: Levinas, Eurocentrism, Solidarity
SUNY series in Theology and Continental Thought
Jack Marsh
SUNY Press
2021
Hardback $95.00
386

Rein Raud: Being in Flux: A Post-Anthropocentric Ontology of the Self, Polity, 2021

Being in Flux: A Post-Anthropocentric Ontology of the Self Book Cover Being in Flux: A Post-Anthropocentric Ontology of the Self
Rein Raud
Polity
2021
Paperback $26.95
256

Karl Kraatz: Die Methodologie von Martin Heideggers Philosophie

Die Methodologie von Martin Heideggers Philosophie. Über die Grenzen der neuzeitlichen Wissenschaft und die Möglichkeiten der Philosophie Book Cover Die Methodologie von Martin Heideggers Philosophie. Über die Grenzen der neuzeitlichen Wissenschaft und die Möglichkeiten der Philosophie
Karl Kraatz
Königshausen & Neumann
2020
Paperback 68,00 €
474

Reviewed by: Nikolaus Schneider (Kingston University, London)

In a recently published very short introduction to philosophical method, a British philosopher recounts an Italian continental colleague wondering about the Anglo-Saxon’s understanding of philosophy not being primarily confined to historical research and conduct. His line of thought proceeds as follows: “I am sometimes asked which philosopher I work on, as though that is what any philosopher must do. I reply Oxford-style: I work on philosophical problems, not on philosophers.” (Williamson, 2020, 103)

With regard to philosophical methodology, however, one’s understanding need not be confined to the exclusivity of either the formation of a problem or a purely reconstructive-historical approach. Rather, how problems and historicity are interwoven and, in particular, what counts as a contemporary problem is more often than not determined by a particular understanding of historical conjectures or, at a more abstract level, of historicity itself. A case in point is the work of Martin Heidegger, whose understanding of the relation between historicity and philosophical methodology is put to the test in the recently published dissertation of Karl Kraatz, Die Methodologie von Martin Heideggers Philosophie. Über die Grenzen der neuzeitlichen Wissenschaft und die Möglichkeiten der Philosophie. This work constitutes an exciting case in quarrels concerning the alleged irrationality of Heidegger’s work and questions over the absence of methodology. This discussion, arguably in place ever since the publication of Being and Time in 1927, becomes much more pronounced with the idiosyncratic later philosophy and culminate in Heidegger’s complicity, it is argued, with National-Socialism and his status as a main inspiration for the alleged ‘postmodern‘ destruction of reason and the legacy of the enlightenment. Notwithstanding the constructed character of some of these allegations, Kraatz’s work serves as a defense of Heideggerian philosophy against its harsher critics by offering a walkthrough of selected texts and lectures of the German philosopher’s oeuvre tied together by the questions of truth, justifiability, and cognition. Kraatz’s underlying premise is the ongoing continuity of Heidegger’s work, whose transition from Heidegger 1 to Heidegger 2 is less motivated by a fundamental ‘turn’ than by a deepening and radicalization of previous concerns. Die Methodologie von Martin Heideggers Philosophie serves, in this sense, as a reminder to envision the radicality and uncompromising – though by no means impeccable – impetus of its protagonist, all the while offering a compelling interpretation of Heidegger’s philosophy. To demonstrate the continuing allegiance of Heideggerian philosophy to justifiability, it is Kraatz’s aim to show its necessary thematization of the philosophizing I, something that he terms the “methodological necessity for the experience of individuation” (17, [methodische Notwendigkeit der Vereinzelungserfahrung]). The Heideggerian ontologization of the I and the connection of world to I constitute, for Kraatz, the fundamental thread running through the work of the German philosopher. In particular, it is the I’s avoidance of the full responsibility that is thereby conferred upon it that leads to the formation of various ‘defense mechanisms’, whose negativity is to be overcome to drive the process of philosophizing further (19). It is this thesis that will guide the author’s reconstruction of Heideggerian method throughout the book. Die Methodologie von Martin Heideggers Philosophie is comprised of four parts, with part two being further partitioned into a and b, and accordingly, they don’t amount to equal argumentative importance. I will provide a summary of each of the parts before going to comment more on the composition of Kraatz’s book and his reconstruction of Heidegger’s methodology.

Chapter one acts as an introduction to Kraatz’s thesis, the individual’s retreat of being by way of various mechanisms of delusion or typification so as to yield a ‘happy consciousness’. This is developed primarily through a historical reconstruction of Heidegger’s early lectures and culminates with Being and Time. These reflections are ignited through the central problem of phenomenology: the self-reflective exploration of to what extent cognition is structured by its origin in factual life (30f). Tying together transcendental philosophy with an investigation of the structures of experience it is the question of the scientific nature of this enterprise that proved pathbreaking for the young Heidegger. Phenomenology’s primary subject matter, factical life, preserves character traits that are irreducible to conceptions of modern scientific rationality, for which, in conjunction with the reifying character of science and the corresponding mediocrity of the everyday, a particular method is necessary to philosophize adequately (38). Heidegger proposes an equivalence between the tendencies for typification (or the reification of daily life through routine and mundane monotony) and the continuous prevalence of the theoretical in life. Both cause the suppression of the I. This deadlock can be broken through the merger of a hermeneutic of facticity, or factical life, and a hermeneutic of the self so as to methodologically ground cognition and non-reified objectivity (47). It is the motivational character of the hermeneutic of facticity that elaborates the next step in the argument. Having located the common denominator in the suppression of the I, of which the aforementioned tendencies are examples, these typifications need to be removed to arrive at a true conception of self – a methodological requisite (54f). ‘Something’- as of yet unobtainable – causes the self to seek the bios theoretikos and to avoid self-knowledge, which, in this tradition, amounts to a proper knowledge of the world altogether (68). One can anticipate the central method of Heidegger in its relation toward recovering the I: destruction. Phenomenologically, destruction is accomplished by removing the layers of typification, which are of one common origin, and are the condition of possibility for reencountering the I. What initially sounds like armchair psychology becomes, however, more elaborated upon over the course of Heidegger’s philosophical development and it is to Kraatz’s credit that he pushes the texts for an actual rationale that ties the hermeneutic of the self and of facticity together in a convincing manner (106). It is the conception of the self’s relation to being that eventually enables the German philosopher to merge the hermeneutic of facticity with the self and, subsequently, the further identification of the tendencies for the suppression of the I with the reified status of life as antecedents to the suppressed I (108). The world’s dependence upon the being of the I accounts for the former’s transformation in terms of the configuration of the latter. In Being and Time, where these concerns are most explicitly developed, the method of destruction becomes initiated through the function of care, which drives the investigation further to the negativity of anxiety and being-towards-death (112). Anxiety’s undirected negativity reverses into a positive function, once Dasein grasps its individuation from das Man and can be authentically. This existential is, however, nothing more than the further realization of one’s being as being-towards-death (141). Kraatz puts this into perspective with the consciousness of Dasein’s empty groundlessness. The lack of Dasein is the fact that its thrownness amounts to nothing more than being-towards-death. Inauthentic Dasein takes flight from this realization through the described tendencies of typification, which constitutes its culpability (154).  Conversely, if realized, these characteristics function as modes of foundation in the double sense for Heidegger. Because the world is functionally dependent upon the being of the self, whose access is phenomenologically obstructed, it has to be recovered by realizing its lack, which accomplishes destruction and sets the self free to found the disclosure of the world. In turn, the task is set for Dasein after accomplishing destruction to answer to being’s groundlessness through an authentic grounding of being, letting-be. Only the authentic realization of this relation can ground a true opening of sociality, justifiability for being and, in turn, community.

Kraatz’s reconstruction of Being and Time makes the case to conceive of uncanniness, anxiety and being-towards-death as inhabiting a productive negativity and is, in this sense, of quintessential methodological importance. It is, however, rather negligent of the role of temporality in this process. Insofar as being is time the inversion of the self is to be accompanied by the temporal ecstasies whose elaboration takes place at the end of the book. The precise role of Dasein’s temporal self-differentiation for the role of methodology are, given Kraatz’s concerns regarding his thesis of flight, however, underdeveloped. This significance has been elaborated upon in relation to methodological issues brilliantly by Karin de Boer’s Thinking in the Light of Time. Whereas Kraatz views the counter-ruinant tendency of anxiety and being-towards-death as experiences, de Boer manages to address the temporality of these functions as the opening up of the horizon through which the formal indications of these concepts can be attained (De Boer, 2000, 106ff). For instance, once destruction is initiated through the realization of being-towards-death, Dasein has already entered a mode of ecstatic temporality, being-ahead-of-oneself (De Boer, 2000, 110). This thematic focus notwithstanding, Kraatz’s account of the methodological position of these paragraphs is convincing. The ensuing manifold of conceptions of being is termed Seinsrelativität (being’s relativity), establishing Being and Time as the metaontological fundamental ontology, comprising different regional ontologies (165). Through it, beings remain relative to respective conceptions of the I. This is the methodological function granted to the self-knowledge, which is preceded by the yet ahistorical enforcement of destruction, the removal of the layers of typification, yielding disclosure.

The avoidance of potential misunderstandings and the overall cohesion of the first chapter is the aim of the second. To do so, the need of the Heideggerian account of the relativity of being and his conception of the I to others is underscored. Clearly, the constitution of Dasein is not to be understood as a Tathandlung but binds the conception of a ground of being sui generis together with the concrete engagement of phenomenology. Kraatz deploys the notion of an originary synthesis so as to render intelligible the constitution of the self through being (173). The danger of circularity is managed through the notion of thrownness, which acts as an anchor towards facticity and responsibility. Keeping the original insight of transcendental philosophy, Dasein entertains a ‘theoretical’ and an ethical side to it. Kraatz subsequently draws on the work of fellow Heidegger scholar Steven Crowell to demonstrate Dasein’s sociality and the justifiability constitutive of normative claims, a characteristic allegedly lacking from Being and Time and one taken to be missing from Heidegger’s work generally. The being of the self is taken to be an essentially normative one, leading to the cultivation of a true ethical life and an ideally well-founded community on responsible conceptions of being and self by way of the truthful character of letting-be as disclosure (183ff). Because the I is the ground of the world in the sense of fundamental ontology, Dasein bears responsibility for the being of others, which Kraatz circumscribes, citing Crowell, with the dictum that care is prior to reason (182). Attention is drawn to the similarity of Adorno’s conceptions of a non-instrumental rationality and the interplay between contemplation and normativity and it is in this sense that responsibility functions as the properly a priori foundation for any rational discourse – at least as Kraatz, following Crowell, develops it (195). Against claims for the incoherent character of Heidegger’s work, Kraatz rather demonstrates that it renders legible the constitutive aspects of rationality and normativity altogether. This line of thought, again very much inspired by Crowell, appears almost Brandomian in intention as the making explicit of the conditions of possibility of normativity and rationality.

Part b of the second chapter elucidates on the notion of the relativity of being more broadly conceived and takes the published writings after Being and Time into account. Kraatz summarizes its content aptly by the “fact that the being of the world is dependent on the being of the I,” a move attainable through the ontologization of the I (165). Letting-be functions as a stand-in for the Heideggerian notion of truth as disclosure and ties the ethical and temporal-existential (‘theoretical’) sides together. In passing, Kraatz addresses the frequent strawman that labels Heidegger as a fatal relativist by both sketching out the merely potentially disagreeable properties of relativism and demonstrating how the transcendental approach avoids them. Through the accountability of Dasein, the Heideggerian self is rather the precise opposite of the threat the relativist bogeyman is supposed to embody. Rather, morality and rationality are jointly implicated in this fundamental approach (203). The remainder of the second part of chapter two is devoted to Heidegger’s philosophical development from the late 1920’s and early 1930’s, where the relation of the grounding self and the historicity of factical life is expounded. This is further developed through the metaphysical ontic, metontology, which asks fundamentally – ontologically after beings (221). Dasein’s self founds its own thrownness. So as to further thematize Dasein’s relation to thrownness, the modalities of ground take center stage. Sketching a theory of ontological constitution leaves Dasein as the placeholder for the responsibility of ground that is conferred upon it. This decision is described in inherently voluntaristic terms, as one toward transcendental freedom and ground. Hence, responsibility functions as a methodological concept, as it ties the decision towards freedom and the grounding function together (254ff.). As fundamentally tied to facticity this decision takes, however, not place in pure sphere of principles, but in the historical realm of freedom, leading to the formation of a “transcendental-ontological genealogy” (224). The thesis of the flight remains intact, largely unaltered. The tension between thrownness and transcendentality remains constitutive of the ensuing reflections, in particular the three-fold modality of ground or grounding. Part two is concluded with the transition to beyng-historical thought, wherein primary thrownness is attained by way of the event of beyng (283ff.). Accordingly, the responsibility and the concomitant culpability that is conferred upon Dasein is only potentialized: “It is now localized in the ontological dimension, which deals with the possibility of letting-be logical spaces of modalities” (286, [Sie wird nun in der ontologischen Dimension verortet, in der es um das Seinlassen und Nichtseinlassen von Möglichkeitsspielräumen geht].)

Part three carries this walkthrough almost seamlessly forward. Kraatz’s reconstruction commences until Contributions to Philosophy, where these issues are elaborated in a new manner. Relatively little attention is devoted to Heidegger’s second major work regarding its composition and re-formulation of older investigations. The distinction between the ontological and historical dimension of the event, so central to Contributions to Philosophy, appears somewhat flimsy and neither the terminological shift from Dasein to Da-sein is mentioned or explained. (Heidegger, 2012, passim) Rather, convinced to have demonstrated the possibility to move past these shifts and accentuations, Kraatz devotes his attention almost exclusively to the diagnostical parts in Heidegger’s book. Clearly, paragraphs on machination serve more than a cursory function, something that Kraatz acknowledges when he speaks of them as methodological (294).  Subsequently, Dasein is stripped of its (however weak) voluntarism and the relativity of being reconfigured as the release of beyng in historical epochs or conceptions. This later conception aims at filling out all possible onto-logical spaces while itself remaining mostly obscured or, as Heidegger would say, withdrawn. Kraatz devotes comparatively little attention to the historicization of truth this conception accomplishes, other than by way of invoking the transcendental ontological genealogy, but no attention is devoted to whether this undertaking might be in need of new methodological underpinnings other than remaining relative to the self. Taking only Heidegger’s ‘critical accomplishments’ into account, the fourfold or the later seminars in Thor and Zähringen are not mentioned at all. Having conceptualized beyng as the totality of all logical spaces of possibility he continues his critique of the tendencies of typification, the now historical configuration of modernity, to prove the continuity of destruction and its relevance for the self as method (286). Individuation, which the aforementioned process is to accomplish, pushes forward into the concrete, historical situation which can then, presumably, be transformed (288ff.). Kraatz follows Heidegger in declaring modern science as the best possible option for Dasein to conduct its flight successfully. The method deployed mirrors in this respect the one already used beforehand: demonstrating that an otherwise merely negative aspect of analysis is, in fact, crucial to an elaborated issue or could not have been adequately theorized at all were it not to be counter-posed through its negation

Having demonstrated the need for the self to take flight from the ontological responsibility the ground (beyng) confers upon it, modern science and modernity, whose essence the former is supposed to constitute, come into the picture. The ground of all regional ontological spaces – beyng – and the accompanying culpability and responsibility are too much for the lacking being that the I is and, accordingly, invents a mode of worldmaking that obscures this characteristic (278). Kraatz terms this product the ‘implicit ontology’ that underlies modern science and that becomes further obscured as it progresses (308). While the author admirably demonstrates the overall cohesion of said critique in the greater context of the Nietzsche lectures and attempts to relate enframing to the formation of data-science as the pinnacle of that process, the chapter appears rather tame in comparison to its precursors both in terms of significance for the book’s overall topic and contribution to scholarship (385ff). It acts, rather, as an exemplary demonstration of the possibility of this beyng-historical destruction, tying together the critique of technology or machination with the reading of Nietzsche as the closure of metaphysics and the advent of modern science. Though admirable in depth and rigor, it does rather little in comparison to push the investigation of methodology further in thematic terms.

Chapter four ties the aforementioned questions over methodology and justifiability together. Refuting the influential claims of the irrational character of Heideggerian philosophy made by Habermas in the Philosophical discourse of modernity acts as the threshold for setting Heidegger’s philosophy and functions as a summary and conclusion of the survey – something that is achieved thoroughly and convincingly. To recap, Heidegger’s method is conceptualized as a process of individuation through the mechanism of an experience of destruction which aims at removing layers of said experience and enables a formal indication of different concepts. The conceptuality of philosophical cognitions is thus not abandoned; Heidegger merely transforms the concept sufficiently so as to yield a different understanding of experience and of itself. What it achieves is a conceptual demonstration of the freedom of Dasein. Kraatz frames this as individuation and the struggle of a self toward existential orientation or, more negatively, the avoidance of that experience. The later Heidegger’s chief merit lies in historicizing that experience or relation between Dasein and its ontological epistemology by making recourse to an inaccessible origin or absolute ground, beyng. As has been mentioned, the different ‘negative’ instances of typification drive the analysis itself forward as ‘obstacles’ to be overcome and are, in this sense, themselves of methodological relevance, as Kraatz repeatedly insists with regard to, for instance, modern science. For the author, the innovation and radicality of the German philosopher lie thus in the possibility to provide justification of both practical and theoretical instances while avoiding the counter-intuitiveness and abstraction of more traditional framings of transcendental philosophy. Against what might be perceived as an all-too sympathetic approach, Kraatz does lament the tendency of Heidegger to largely abstain from clarifying these methodological and grounding theoretical attitudes as well as his continuing denial to expose oneself to criticism from other philosophical positions. While this abstinence is philosophical it does make for appearance of esotericism and a secret doctrine.

While Kraatz’s book is admirable for its insistence for justification towards and competence of Heideggerian philosophy, what remains missing, however, is an explicit reconstruction of the Heideggerian methodology within the greater context of historical approaches to the subject. Although a brief paragraph addresses the “historio-philosophical place of Heidegger’s philosophy” (416) this glance refers only to Husserl and, given the similar thematic of a critique of reified life, developments from the Frankfurt school. This is all the more surprising given the title of the chapter. In the following one, Kraatz once again reiterates the basic concepts of Heidegger’s philosophical methodology cognition, truth and justifiability. An elaboration of the extent to which the method of the German philosopher is to be conceived of as a radicalized version of neo-Kantianism, phenomenology or existentialism would have shed light on its novelty. This would involve a negotiation of these different forms of philosophy and their respective methods, read with recourse to Heidegger’s engagement with the former two and how he remains potentially indebted to them. Despite the fact the Heidegger’s philosophical development marked of course decisive breaks with both Neo-Kantianism and phenomenology it would have been interesting to see the extent to which his attempt of releasing himself from the metaphysical tradition was eventually reflected in his approach to methodology. This concerns in particular the Neo-Kantian notion of a history of problems whose similarity to the ‘history of beyng’ is rather apparent. This omission is all the more unfortunate given the various programmatic titles of Heidegger’s lecture courses and publications such as The Basic Problems of Phenomenology, Kant and the Problem of Metaphysics, and the frequent invocation of philosophy as ‘questioning’. This reflects in the last instance Kraatz’s own concept of methodology, which, although frequently invoking the triad of justifiability, cognition and truth, does not seem to take this aspect of Heidegger’s philosophy worthy of further investigation. Hence, terms such as ‘problem’ or even the more Heideggerian ‘question’ are largely absent in terms of thematic concern.[1] Guiseppe Bianco contraposes this difference and similarity succinctly:

Heidegger’s philosophy started to be dominated by a series of structuring oppositions: he juxtaposed the Neo-Kantian conception of the history of problems (Problemgeschichte) with his history of being (Seinsgeschick), and philosophical “problems” (Problemen) with a set of ontological “questions” (Fragen). In a regressive series he related the “guiding question” (Leitfrage) proper to philosophy qua metaphysics (“what is the being of entities?”) to a “basic question” (Grundfrage) concerning the ground of metaphysics (“what is the meaning of being?”), which he then related to a final “ontological question” (Seinsfrage) concerning being (“what does it mean to be?”). […] Heidegger’s dual operation of the “repetition” (Wiederholung) of problems and “destruction” (Destruktion) of concepts inherited from the philosophical tradition consisted in the syncretism of religious hermeneutics and philology, resulting in an erudite but mostly uncontrolled appeal to etymology. This method attempted to remove (from the Latin de-struere) layers (or strues) that, through time, ossified as concepts, in order to return to “original experiences” and “grounding questions.” (Bianco, 2018, 20f.)

While it would seem unfair to demand a properly historical recontextualization of Heideggerian method in the overarching trajectory of early twentieth century philosophy from a book whose primary concerns are exegetical, such an undertaking would perhaps, with the advantage of hindsight, make of Heidegger a more conventional and, in turn, more a comprehensible author. While Kraatz does achieve an eventual tying of the philosophy of Heidegger with the themes of rationality and reasonability it remains open whether historicizing him would not have been the more fruitful approach rather than to provide textual coherence. This circumstance is reflected in the literature the author draws primarily on: with the few exceptions of avowed names of Heidegger scholars or pupils the book makes reference primarily to the quasi-analytical reconstruing of Heidegger in certain places of Germany and the United States. Crowell is a case in point here. This fact is not necessarily one to be lamented – it just puts Heidegger closer to someone like Brandom than, say, Derrida.

This criticism notwithstanding, Kraatz’s study is remarkable in its rigor, clarity and cogency. Whether one concurs with Kraatz’s central thesis that Heideggerian philosophy ultimately occupies a therapeutic, almost ‘eudaimonic’ relevance for the self or not, his reading is remarkably coherent in terms of exegesis and formulates a new approach in Heidegger scholarship. Although the later part of the oeuvre is put in second place pursuing the outlined approach and devoting an independent study of it might shed even more light on the constructive part of Heidegger’s work and Kraatz’s reconstruction. While the aspect of methodology proper is primarily viewed in the purview of destruction and its relation to the negativity of the tendencies of typification, or their methodological position, the account exposes various options for developing its approach further and in different directions. The book constitutes a valuable resource concerning the legacy and continuing relevance of its subject and puts a challenge to all those negligent approaches and readers who dismiss Heideggerian philosophy out of hand because of its mere appearance.

Bibliography

Bianco, Guiseppe. 2018. ‘The Misadventures of the “Problem” in “Philosophy.” Angelaki 23 (2): 8-30.

De Boer, Karin. 2000. Thinking in the Light of Time. Heidegger’s Encounter with Hegel. Albany: State University of New York Press.

Feher, Istvan M. 1997. ‘Die Hermeneutik der Faktizität als Destruktion der Philosophiegeschichte als Problemgeschichte. Zu Heideggers und Gadamers Kritik der Problembegriffes.’ Heidegger Studies 13: 47-68.

Heidegger, Martin. 2012. Contributions to Philosophy (Of the Event). Bloomington, IN: Indiana University Press.

Kraatz, Karl. 2020. Die Methodologie von Martin Heideggers Philosophie. Über die Grenzen der neuzeitlichen Wissenschaft und die Möglichkeiten der Philosophie. Würzburg: Königshausen & Neumann.

Williamson, Timothy. 2020. Philosophical Method. A Very Short Introduction. Oxford: Oxford University Press.


[1] Feher provides an elaboration of the preference of questions over problem for Heidegger’s methodology, although this issue would need to be configured differently for the later philosophy.

Hermann Schmitz: Sich selbst verstehen. Ein Lesebuch, Verlag Karl Alber, 2021

Sich selbst verstehen. Ein Lesebuch Book Cover Sich selbst verstehen. Ein Lesebuch
Hermann Schmitz. Edited by Michael Großheim, Steffen Kluck
Verlag Karl Alber
2021
Hardback 29,00 €
312

Hanne Jacobs (Ed.): The Husserlian Mind, Routledge, 2021

The Husserlian Mind Book Cover The Husserlian Mind
Routledge Philosophical Minds
Hanne Jacobs (Ed.)
Routledge
2021
Hardback £190.00
576

Andrew Oberg: Blurred: Selves Made and Selves Making, Brill | Rodopi, 2020

Blurred: Selves Made and Selves Making Book Cover Blurred: Selves Made and Selves Making
Andrew Oberg
Brill | Rodopi
2020
Hardback €129.00 $155.00
viii, 260